La question se pose toujours dans le mauvais sens. On demande « une page ou plusieurs ? », comme s'il s'agissait d'un goût. Elle se décide en comptant une chose : le nombre de questions différentes auxquelles votre cabinet répond.

Un cabinet qui ne fait que du droit des étrangers répond à une question. Un cabinet qui fait du pénal, du commercial et de la famille en traite trois, posées par trois personnes qui ne se ressemblent pas et qui ne tapent pas les mêmes mots dans Google. Cette arithmétique-là tranche presque toujours le débat, et le reste n'est que mise en œuvre.

Une précision d'honnêteté : nous composons des sites de cabinets, et ils comportent plusieurs pages. Nous avons donc un intérêt dans cette réponse. Les raisons qui suivent tiennent debout indépendamment de cela, et l'article dit aussi quand une seule page suffit.

Ce que chaque structure permet, concrètement

Un site one-page réunit tout à une seule adresse. Le visiteur fait défiler ; le menu le déplace par ancres. Une adresse, un titre, une description, une entrée dans l'index de Google.

Un site multi-pages donne une adresse à chaque sujet : /droit-du-travail, /droit-de-la-famille, /nos-avocats/marie-bernard. Chacune porte son titre, sa description, sa structure de titres, et peut être trouvée sans passer par l'accueil.

La différence qui compte n'est pas visuelle. Elle est arithmétique : une adresse ne peut porter qu'un seul titre. Quand un justiciable cherche « avocat prud'hommes Bordeaux », Google compare des titres de pages. Le confrère qui a consacré une page à cette matière présente un titre qui répond exactement ; votre one-page présente un titre qui parle du cabinet en général, même si la section prud'hommes, plus bas, est excellente.

Ce n'est pas une sanction. C'est une place de moins dans la course, par sujet.

La vraie ligne de partage : superficiel ou traité

Il faut le dire, car cela contredit le raccourci habituel : un one-page sérieux bat un multi-pages bâclé. Un cabinet qui traite vraiment son unique page, avec des réponses complètes, des honoraires expliqués, une fiche Google renseignée et des avis récents, passe devant un cabinet qui a semé douze pages de deux cents mots chacune.

La structure ne remplace pas le travail. Elle décide seulement du nombre de portes d'entrée que ce travail peut ouvrir. Un cabinet monodisciplinaire n'a besoin que d'une porte, et gagne à la soigner. Un cabinet à trois matières qui n'en ouvre qu'une laisse deux tiers de sa clientèle potentielle chez le voisin.

Sur le nombre de mots. On lit partout qu'une page doit compter 800 ou 1 200 mots pour « exister ». Aucun seuil de ce genre n'existe : Google a répété qu'il ne compte pas les mots. Ce qui se mesure, c'est si la page règle la question qu'elle annonce. Six cents mots qui répondent battent deux mille mots qui tournent autour, et une page longue et creuse est le plus sûr moyen de faire repartir un lecteur.

Le critère à appliquer

Comptez les matières que vous exercez réellement, celles pour lesquelles vous avez reçu un client dans l'année. Pas celles que vous pourriez prendre.

  • Une matière. Une page suffit, et elle vous coûtera moins d'entretien qu'une architecture que vous ne remplirez pas. Concentrez l'effort sur la fiche Google et les avis : en droit local, ils pèsent plus que la structure du site.
  • Deux matières. Cas limite. Deux pages dédiées valent presque toujours mieux qu'une page qui alterne, parce que les deux publics n'ont rien en commun. Le coût d'entretien reste négligeable.
  • Trois matières ou plus. Une page par matière. À partir de là, le one-page vous ferme des portes chaque mois, sans que rien ne vous le signale.

Deux questions secondaires ajustent le résultat. Combien d'associés, et ont-ils des parcours distincts, auquel cas une page nominative se retrouve dans une recherche par nom. Et couvrez-vous une ville ou une région : sur une seule ville, la fiche Google fait une part du travail que les pages feraient ailleurs.

Les quatre erreurs qui reviennent

  • Choisir une seule page pour la simplicité. C'est le motif le plus fréquent et le plus coûteux. La simplicité est réelle le premier mois ; l'absence de visiteurs, elle, dure.
  • Créer quinze pages vides. L'erreur inverse, aussi répandue. Une page par matière ne vaut que si elle contient ce qu'un client veut savoir : ce que vous faites, comment se déroule la procédure, ce que cela coûte. Voyez ce que doit contenir le site d'un cabinet.
  • Découper une page déjà classée. Le danger d'une migration n'est pas d'ajouter des pages, c'est de déplacer celles qui fonctionnaient. Les nouvelles pages naissent à des adresses neuves ; l'ancienne garde la sienne.
  • Empiler des pages sans les relier. Une page orpheline, sans lien depuis le menu ni depuis une autre page, n'est presque jamais trouvée. Le maillage n'est pas un raffinement : c'est ce qui rend la structure utile.

Les questions qui reviennent

Un site one-page peut-il se classer sur plusieurs domaines de droit ?

Difficilement. Une page ne porte qu'un titre, qu'une adresse et qu'une balise de description. Face à un confrère qui consacre une page entière au droit du travail à Lyon, votre section « droit du travail » concourt avec un titre qui parle d'autre chose. Ce n'est pas une pénalité, c'est une limite arithmétique : vous avez une place de moins dans le classement pour chaque sujet.

Existe-t-il un nombre de mots minimum par page ?

Non. Google a répété qu'aucun seuil de mots n'entre dans son classement, et les chiffres qui circulent (800 mots, 1 200 mots) n'ont jamais été confirmés par quiconque chez Google. Ce qui compte est qu'une page réponde complètement à la question qu'elle promet de traiter. Une page de six cents mots qui règle la question bat une page de deux mille mots qui tourne autour.

Puis-je commencer en one-page et passer en multi-pages plus tard ?

Oui, et cela se passe bien à une condition : que les futures pages naissent à des adresses neuves plutôt que de découper l'existante. Le risque d'une migration n'est pas de créer des pages, c'est de déplacer celles qui étaient déjà classées. Tant que la page d'origine garde son adresse et son contenu, l'ajout de pages filles ne coûte rien.

Le one-page est-il plus rapide sur téléphone ?

C'est généralement l'inverse. Un one-page charge d'un coup tout ce que le visiteur ne lira pas : les six domaines, les photos de l'équipe, la carte, le formulaire. Un site en plusieurs pages ne charge que la page demandée. Sur un téléphone en réseau moyen, l'écart se mesure en secondes.

Faut-il une page par avocat associé ?

Si chaque associé a un domaine et un parcours distincts, oui : un client cherche souvent une personne autant qu'un cabinet, et une page nominative se retrouve dans une recherche par nom. Si les associés exercent les mêmes matières, une page d'équipe suffit et se tient mieux à jour.

Pour aller plus loin

Sur les sujets voisins : quel outil pour composer et tenir ces pages, cinq sites de cabinets commentés section par section, et ce que valent les annuaires d'avocats.