C'est la question posée avant toutes les autres, et celle à laquelle on répond le plus mal : un site de cabinet n'a pas besoin de beaucoup de pages, il a besoin des bonnes. Voici ce qu'un visiteur vient y chercher, dans l'ordre où il le cherche.
Ce que cherche la personne qui arrive sur votre site
Elle a un problème, elle ne sait pas s'il relève de vous, et elle hésite à décrocher son téléphone. Elle cherche trois choses, dans cet ordre : est-ce qu'il traite mon cas, est-ce que je peux lui faire confiance, comment je le joins.
Tout ce qui ne sert pas l'une de ces trois questions encombre. C'est le principe qui permet de trancher, page par page.
Les pages indispensables
L'accueil doit dire en une phrase qui vous êtes, ce que vous traitez et où vous exercez. Un visiteur qui doit chercher votre matière repart.
Une page par domaine d'intervention. C'est le point le plus souvent manqué : une page unique intitulée « Nos compétences » avec une liste à puces ne répond à personne et ne se positionne sur rien. Une page « Divorce », une page « Licenciement », une page « Baux commerciaux » — chacune expliquant le déroulé, les délais, ce que la personne peut préparer.
La page « Le cabinet » porte votre parcours, votre barreau, votre formation. Ce n'est pas de la vanité : c'est ce qui permet à un inconnu de vous accorder du crédit avant de vous parler.
La page « Honoraires », même sans grille tarifaire. Expliquer vos modes de facturation — au temps passé, au forfait, la convention d'honoraires — lève l'obstacle numéro un du premier appel.
La page contact avec l'adresse, le téléphone, un formulaire, et idéalement la prise de rendez-vous en ligne. Une adresse postale rassure plus qu'on ne le croit.
Les mentions légales et la politique de confidentialité, qui ne sont pas facultatives.
Ce qui doit y figurer sans être une page
- Votre barreau d'inscription. Il vous identifie comme avocat et se vérifie ; son absence intrigue.
- Une photographie professionnelle. Le visage vaut plus que toute la page « À propos ».
- Le téléphone visible sur chaque page, cliquable sur mobile. C'est le premier contact le plus fréquent, de loin.
- Les langues pratiquées si vous en avez plusieurs : c'est un critère de choix décisif pour une partie de la clientèle.
Ce qui n'a rien à y faire
Un carrousel de témoignages clients : la déontologie encadre étroitement ce que l'avocat peut mettre en avant, et la question des avis mérite d'être traitée avant d'agir. Une promesse de résultat, même implicite. Une comparaison avec un confrère. Un compteur de dossiers gagnés.
Ce que le RIN permet et interdit se résume mal : la publicité est autorisée, la sollicitation personnalisée et le manquement à la dignité ne le sont pas.
Le blog : utile ou décoratif ?
Utile, à une condition : qu'il réponde aux questions que vos clients posent réellement, et non à celles qui vous intéressent. « Que se passe-t-il si mon employeur refuse la rupture conventionnelle » amène quelqu'un ; « Réflexions sur l'évolution de la jurisprudence » n'amène personne.
C'est aussi ce qui vous permet d'exister sur des recherches que votre page d'accueil ne captera jamais. Le raisonnement complet est ici.
La question de la ville
Un cabinet est trouvé sur une matière et un lieu. « Avocat divorce Bordeaux » n'est pas « avocat divorce » : la concurrence n'est pas la même, et la seconde requête ne vous amènera jamais un client que vous pouvez recevoir.
Concrètement : la ville doit figurer dans le titre de la page d'accueil, dans celui des pages de domaine, et dans les mentions du pied de page. Pas répétée à chaque paragraphe — un texte qui martèle « avocat divorce Bordeaux » se lit comme tel dès la deuxième ligne, et se comporte de moins en moins bien.
Si vous intervenez sur plusieurs villes, une page par ville se défend, à condition qu'elle dise quelque chose de différent : le tribunal compétent, vos jours de présence, la façon dont vous recevez. Une page identique où seul le nom de la ville change est repérée pour ce qu'elle est.
Ce que le site doit permettre, pas seulement montrer
Un site de cabinet n'est pas une plaquette. Trois actions doivent y être possibles sans obstacle :
- Appeler — un numéro cliquable, sur chaque page.
- Écrire — un formulaire court. Nom, adresse, quelques lignes. Chaque champ ajouté fait perdre une partie des demandes, et personne ne remplit « Comment nous avez-vous connus ? » avant d'avoir parlé à quelqu'un.
- Prendre rendez-vous — c'est le geste que fait volontiers celui qui hésite encore à téléphoner, et il vaut souvent le premier appel.
Ce qui se passe ensuite compte autant : une demande sans réponse pendant deux jours est une demande perdue, quel que soit le site.
La liste de vérification
- Ma matière principale est-elle lisible en trois secondes sur l'accueil ?
- Chaque domaine que je traite a-t-il sa propre page ?
- Ma ville d'exercice apparaît-elle dans les titres de mes pages ?
- Mon téléphone est-il cliquable sur mobile, depuis toutes les pages ?
- Mes honoraires sont-ils expliqués, même sans montant ?
- Mon barreau est-il mentionné ?
- Le site se charge-t-il en moins de trois secondes sur un téléphone ?
- Mes mentions légales sont-elles à jour ?
Pour aller plus loin
- La liste des mentions obligatoires
- Une FAQ juridique bien construite
- Les erreurs qui font fuir un visiteur
- Ce que coûte un site de cabinet
- Se rendre visible sur sa ville
Et pour le cadre d'ensemble : ce que comprend un site internet pour avocats.
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