Choisir un outil pour son site n'est pas une question technique. C'est décider qui répondra, dans deux ans, quand une faille de sécurité sera publiée un mardi matin. Cette responsabilité se transfère ou se garde, et c'est tout l'enjeu.
Ce qu'un CMS fait, et les trois familles qui comptent
Un système de gestion de contenu vous permet de créer des pages et de publier sans écrire une ligne de code. Il en existe des centaines ; pour un cabinet, trois familles suffisent à couvrir le champ.
- WordPress fait tourner une large part du web. Le logiciel est gratuit, et c'est ce qui trompe : il faut un hébergement, des extensions de sécurité, et quelqu'un pour appliquer les correctifs tous les mois. Sans cette personne, la gratuité devient une dette.
- Les plateformes hébergées, Webflow et Squarespace en tête, gèrent l'hébergement, les mises à jour et la sécurité. Vous composez dans une interface visuelle. En échange, vous renoncez aux fonctions exotiques. Pour un site de cabinet, cette limite n'en est pratiquement jamais une.
- Les CMS de développeur, comme Craft ou Statamic, sont d'excellents outils entre les mains d'une agence. Sans elle, ils sont inutilisables.
La question qui décide, et que les comparatifs évitent
Les failles de sécurité ne sont pas un accident : c'est un rythme. Il en paraît chaque semaine, sur tous les logiciels. La bonne question n'est donc pas « ce CMS est-il sûr ? », mais qui applique le correctif, et sous quel délai.
Sur WordPress, c'est vous. Ou votre prestataire, et la facture suit. La charge est permanente : un site parfait aujourd'hui se dégrade s'il n'est pas entretenu. Sur une plateforme hébergée, l'éditeur s'en occupe pendant la nuit, sans que vous le sachiez.
Un avocat n'est pas administrateur système. Le coût réel d'un CMS n'est pas son prix d'entrée, c'est l'entretien que vous allez déléguer ou négliger. Nous avons détaillé ailleurs ce que coûte réellement un site de cabinet sur trois ans.
Cinq points à vérifier avant de choisir
- Où vivent les données, et sous quel accord. Vos formulaires recueillent des noms et des situations. Exigez un accord de sous-traitance écrit et des serveurs dans l'Union. Les plateformes hébergées le fournissent d'office ; avec WordPress, c'est à obtenir de l'hébergeur, et l'installation reste votre affaire.
- Qui applique les correctifs. Le point traité plus haut. Si la réponse est « je verrai », la réponse est en réalité « personne ».
- Avez-vous quelqu'un en interne ? Si non, écartez WordPress nu.
- Avez-vous un besoin vraiment particulier ? Dans l'immense majorité des cas, non : des pages de présentation, des domaines d'intervention, un blog, un formulaire, une prise de rendez-vous. Toutes les familles le font.
- Que se passe-t-il si vous partez ? Vérifiez que le nom de domaine est à votre nom et que les contenus s'exportent. C'est la seule garantie qui compte le jour où vous changez d'avis.
Ce que les trois familles donnent, côte à côte
Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur observés sur le marché, entretien compris. Ils varient avec le prestataire et l'ampleur du site.
| WordPress | Plateforme hébergée | CMS de développeur | |
|---|---|---|---|
| Qui applique les correctifs | Vous, ou votre prestataire | L'éditeur, automatiquement | Votre agence |
| Sécurité par défaut | Aucune, tout se rajoute | Incluse | Dépend du déploiement |
| Accord de sous-traitance RGPD | À obtenir de l'hébergeur | Fourni | À négocier |
| Prise en main sans technicien | Difficile | Accessible | Hors de portée |
| Liberté de conception | Totale | Encadrée | Totale |
| Coût mensuel réel, entretien compris | 50 à 150 €, bien plus si délégué | 10 à 40 € | Plusieurs centaines d'euros |
| Risque à la migration | Élevé, dépendance aux extensions | Moyen | Moyen |
Une quatrième voie, et ses limites
Le tableau ci-dessus oppose des outils. Il existe une autre réponse : ne pas choisir d'outil du tout, et prendre un service qui livre le site et l'entretient. C'est ce que fait Les Confrères pour les cabinets d'avocats, à 29 € HT par mois, avec les correctifs, l'hébergement et les articles compris.
Il faut en dire les limites, parce qu'elles sont réelles. Vous n'avez pas de CMS. Vous ne réorganisez pas les pages vous-même, vous ne posez pas une extension au gré d'une envie. Vous demandez une modification et elle est faite. Si votre plaisir est de composer vos pages le dimanche soir, Webflow vous conviendra mieux, et nous le disons volontiers.
Le partage est simple. Vous voulez la main sur l'outil : WordPress avec quelqu'un pour l'entretenir, ou une plateforme hébergée. Vous voulez la main sur votre temps : un service qui s'en charge. Aucune des deux réponses n'est meilleure ; elles répondent à des questions différentes.
Les quatre erreurs qui reviennent
- Choisir WordPress parce que c'est gratuit. Le logiciel l'est, l'entretien non. Comparez des coûts complets, pas des prix d'entrée.
- Croire les plateformes hébergées trop limitées. Elles font tout ce qu'un site de cabinet demande. La limite ne se rencontre que sur des besoins rares.
- Traiter le RGPD après le choix. C'est une contrainte d'entrée, pas une finition. Voyez ce que le RGPD impose au site d'un cabinet.
- Choisir pour une souplesse qu'on n'utilisera pas. Deux ans plus tard, les extensions se sont empilées et le site n'a pas bougé.
Les questions qui reviennent
Puis-je changer de CMS plus tard sans tout perdre ?
Le texte et les images s'exportent, mais la mise en page, les formulaires et les intégrations sont à refaire. Comptez plusieurs semaines et un budget proche d'une nouvelle création. C'est pourquoi le choix initial compte : migrer coûte presque aussi cher que commencer.
WordPress chez un bon hébergeur, est-ce suffisant pour le RGPD ?
Non. L'hébergeur garantit la localisation des serveurs et la sécurité de l'infrastructure, pas celle de votre installation. WordPress n'a aucune protection native : il faut des extensions de sécurité, les tenir à jour et les auditer. Un hébergeur irréprochable ne vous protège pas d'une extension abandonnée par son auteur.
Un CMS est-il vraiment meilleur qu'un autre pour le référencement ?
Non, et c'est une idée tenace. Les trois familles produisent un sitemap, des balises et une structure de titres corrects. Ce qui fait le référencement, c'est le contenu et les liens, pas l'outil. La seule différence tient à l'effort : les plateformes hébergées sont correctes par défaut, WordPress demande une extension à configurer et à maintenir.
Combien de temps un CMS tient-il avant qu'il faille en changer ?
Cinq à dix ans quand la maintenance suit. Le vrai risque n'est pas l'âge du logiciel mais l'accumulation d'extensions abandonnées, qui rend la migration urgente au bout de deux ou trois ans. Un site entretenu vieillit lentement.
Que se passe-t-il si personne ne fait les mises à jour ?
Rien de visible, pendant des mois. Puis une faille connue est exploitée automatiquement par des robots qui balaient le web. Le site sert des pages parasites, Google le signale comme compromis, et la restauration coûte plusieurs jours. Pour un avocat, c'est un incident de réputation autant que technique.
Pour aller plus loin
Sur les sujets voisins : agence, freelance ou plateforme, qui construit le site, ce que doit contenir le site d'un cabinet, et cinq modèles commentés.