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Licenciement pour motif personnel : la méthode côté employeur
Le licenciement pour motif personnel obéit à une méthode. Le fond compte, la forme aussi. Repères sur les étapes, les pièges fréquents et ce qu’il faut préparer avant d’engager la procédure.
Un salarié pose problème depuis plusieurs mois. Les retards s’accumulent, ou le travail rendu ne correspond plus à ce qui est attendu, ou l’ambiance de l’équipe s’est nettement dégradée. Vous avez parlé, recadré, espéré que la situation se règle d’elle-même. Puis vient le jour où vous estimez que la relation de travail doit s’arrêter, et où vous vous demandez comment procéder sans commettre d’impair.
C’est souvent là que la difficulté commence. Le licenciement pour motif personnel, celui qui tient à la personne du salarié et non à la situation économique de l’entreprise, obéit à une méthode. Le fond compte, bien sûr, mais la forme également : une décision justifiée sur le fond peut être fragilisée parce que le chemin suivi n’était pas le bon. Voici les repères qui permettent de comprendre ce qui vous attend, et ce qu’il faut préparer avant d’engager quoi que ce soit.
La première question : disciplinaire ou non disciplinaire
Tout part de là, car les deux voies ne se conduisent pas de la même manière et n’exigent pas les mêmes preuves.
Le motif disciplinaire
Il suppose un comportement fautif, c’est-à-dire un manquement aux obligations du contrat ou aux règles applicables dans l’entreprise : refus répété d’exécuter une tâche relevant du poste, absences non justifiées, non-respect de consignes de sécurité, comportement inapproprié envers des collègues. Le point décisif est que la faute se démontre par des faits précis, situés dans le temps, imputables au salarié et vérifiables. Une appréciation générale sur l’attitude de quelqu’un ne suffit pas.
Le terrain disciplinaire a une contrainte propre : il est enfermé dans des délais brefs, qui courent à partir du moment où l’employeur a connaissance des faits. Laisser filer le temps, c’est risquer de ne plus pouvoir sanctionner, et parfois donner le sentiment que les faits n’étaient pas si graves.
Le motif non disciplinaire
Il recouvre les situations où aucune faute n’est reprochée au salarié, où sa bonne volonté n’est pas en cause : l’insuffisance professionnelle, c’est-à-dire l’incapacité durable à tenir le poste malgré les moyens donnés, ou l’inaptitude constatée par le médecin du travail. L’insuffisance professionnelle n’est pas une faute et ne se traite pas comme telle. Elle se démontre par des éléments objectifs : objectifs non atteints alors qu’ils étaient réalistes, erreurs récurrentes, alertes formulées, accompagnement ou formation proposés sans résultat.
La procédure, étape par étape
La convocation
Le salarié est convoqué par écrit à un entretien préalable. La convocation doit lui permettre de comprendre l’objet de la réunion et de se faire assister. Un délai doit séparer sa réception de l’entretien lui-même, afin que le salarié puisse préparer ses explications.
L’entretien préalable
C’est un temps d’échange, pas une formalité à expédier. L’employeur expose les motifs envisagés, le salarié s’explique. Rien n’oblige à annoncer une décision ce jour-là, et il est même préférable de s’en abstenir : l’entretien sert précisément à recueillir des éléments susceptibles de modifier l’analyse.
La notification
La décision est ensuite notifiée par écrit. Ce document est capital, car il fixe les motifs. Ce qui n’y figure pas ne pourra pas être utilement invoqué par la suite, et ce qui y figure devra être démontré. Les motifs doivent être énoncés de façon précise et matériellement vérifiable, jamais en termes vagues.
Ce qui fragilise le plus les dossiers
- Des reproches formulés oralement pendant des mois, sans aucune trace écrite
- Un motif rédigé en termes généraux, du type perte de confiance ou mésentente, sans faits à l’appui
- Des faits ayant déjà donné lieu à une sanction, que l’on cherche à sanctionner une seconde fois
- Des preuves obtenues par des moyens dont le salarié n’avait jamais été informé
- Une décision prise dans l’émotion, juste après un incident, sans aucun recul
- L’oubli de vérifier si le salarié bénéficie d’une protection particulière liée à un mandat ou à sa situation
La preuve se construit avant, pas après
Le réflexe le plus utile est aussi le plus simple : écrire au fil de l’eau. Un compte rendu d’entretien de recadrage, un courriel récapitulant une consigne et sa raison d’être, une évaluation annuelle honnête plutôt que complaisante, une réclamation client transmise au salarié. Prises isolément, ces pièces paraissent modestes. Réunies, elles racontent une chronologie cohérente.
À l’inverse, un dossier reconstitué après la décision se repère sans difficulté et affaiblit l’ensemble de la démarche, y compris les éléments qui étaient solides.
Regarder aussi les autres voies
Le licenciement n’est pas la seule issue possible. Selon les cas, une rupture d’un commun accord, un aménagement du poste, une mobilité interne ou une mesure moins lourde peuvent répondre au besoin réel de l’entreprise avec moins d’aléa. Le choix se raisonne au regard de la situation concrète, du dossier effectivement disponible et de ce que l’entreprise cherche à obtenir.
Quand nous consulter, et ce qu’il faut apporter
Le bon moment se situe avant la convocation, pas après la contestation. Une fois la lettre partie, la marge de manœuvre se réduit fortement, car les motifs sont figés.
Il est utile de réunir :
- le contrat de travail et ses avenants
- la convention collective applicable et, s’il existe, le règlement intérieur
- les évaluations, comptes rendus d’entretiens et échanges écrits avec le salarié
- les éléments matériels sur lesquels reposent les faits reprochés
- l’historique des avertissements et sanctions éventuels
- les informations sur les mandats détenus dans l’entreprise et sur les arrêts de travail en cours
Cet article expose des repères généraux et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière.
Cet article expose des principes généraux ; il ne remplace pas l’examen de votre dossier. Le cabinet vous reçoit à Paris et répond à toute demande sous 48 heures ouvrées.
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