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Julien Marchand, AvocatAvocat Prendre rendez-vous

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Conseil de prud’hommes : comment se déroule une affaire

Aller aux prud’hommes, concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? La juridiction, la saisine, la conciliation, le jugement, et le travail de préparation qui commence bien avant l’audience.

Vous avez été licencié récemment, ou vous avez quitté une entreprise qui ne vous a pas réglé ce qu’elle vous devait, et l’on vous a dit d’« aller aux prud’hommes ». L’expression circule facilement, mais elle recouvre une réalité que peu de gens connaissent avant d’y être confrontés : une juridiction, une procédure, des étapes, des délais, et surtout un travail de préparation qui commence bien avant la première audience.

Les mêmes appréhensions reviennent souvent : la crainte d’un tribunal, la peur que « cela prenne des années », le sentiment de ne pas avoir de preuves suffisantes. Ces inquiétudes sont légitimes, et il est utile d’expliquer concrètement comment une affaire se déroule.

Ce qu’est le conseil de prud’hommes

Le conseil de prud’hommes est la juridiction qui tranche les litiges individuels nés d’un contrat de travail entre un employeur et un salarié. Il connaît notamment des contestations de licenciement, des rappels de salaire, des heures supplémentaires non réglées, des demandes de requalification d’un contrat, c’est-à-dire de reconnaissance de sa véritable nature, et plus largement des difficultés liées à l’exécution du contrat.

Sa particularité tient à sa composition : il est formé de juges non professionnels, issus en nombre égal du monde des employeurs et de celui des salariés. Les affaires sont réparties par sections, selon l’activité de l’entreprise. Cette composition paritaire explique une partie du déroulement, notamment la place importante donnée à la tentative de conciliation.

Qui peut saisir, et devant quel conseil

Le salarié comme l’employeur peuvent saisir. La demande est dirigée contre l’autre partie au contrat. Le conseil compétent est en principe celui du lieu où se situe l’établissement dans lequel le travail est accompli, avec d’autres options selon les situations, en particulier lorsque le travail s’exerce en dehors de tout établissement.

Le déroulement d’une affaire

La saisine

L’instance s’ouvre par une requête écrite qui expose les demandes et leurs motifs, accompagnée des pièces. La qualité de cet écrit compte : il fixe le cadre du débat. C’est aussi à ce stade que la question des délais se pose, car agir trop tard rend la demande irrecevable, c’est-à-dire écartée sans que le juge en examine le bien-fondé, quelle que soit sa valeur au fond. Ces délais diffèrent selon l’objet de la demande, certains sont brefs, et ils ne se rouvrent pas.

La conciliation

Une audience de conciliation et d’orientation précède en principe le jugement. Des conseillers y reçoivent les parties, cherchent un accord et, à défaut, orientent l’affaire et fixent le calendrier des échanges d’écritures et de pièces. Un accord trouvé à ce stade met fin au litige, et son contenu est consigné par écrit dans un procès-verbal signé par les parties. Ce n’est ni un échec ni une faiblesse : c’est une issue parmi d’autres, parfois la plus raisonnable au regard du temps et de l’énergie que suppose la suite.

Le jugement

Si la conciliation n’aboutit pas, l’affaire est plaidée devant le bureau de jugement. Chaque partie a communiqué à l’autre ses arguments et ses pièces au préalable : c’est le principe du contradictoire, qui interdit de surprendre son adversaire à l’audience. En cas de partage des voix, l’affaire est renvoyée devant la même formation présidée par un juge professionnel, ce que l’on appelle le départage. La décision est ensuite notifiée aux parties, et une voie de recours est ouverte selon les cas.

Ce qui fait la solidité d’un dossier

À l’inverse, ce qui fragilise un dossier tient rarement au fond : pièces non communiquées à l’adversaire, récit sans dates, demandes formulées de façon imprécise, ou saisine tardive alors que la situation était connue depuis longtemps.

Quand me consulter, et ce qu’il faut apporter

Le plus tôt possible, et de préférence avant d’adresser un courrier à votre employeur. Un premier rendez-vous sert à vérifier le calendrier applicable, à identifier les demandes envisageables, à mesurer ce que les pièces établissent réellement, et à décider s’il vaut mieux tenter une discussion ou saisir la juridiction. Une procédure prud’homale demande du temps et de la constance : mieux vaut la commencer préparé.

Pour ce rendez-vous, réunissez :

Sachez enfin qu’une affaire peut se terminer à tout moment par un accord, y compris après la saisine. Engager une procédure n’interdit pas de continuer à discuter.

Cet article décrit un cadre général et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière, qui seul permet d’apprécier vos droits et le calendrier qui vous est applicable.

Votre situation est particulière

Cet article expose des principes généraux ; il ne remplace pas l’examen de votre dossier. Le cabinet vous reçoit à Lyon et répond à toute demande sous 48 heures ouvrées.

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