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Divorce : les différentes voies, les étapes, la préparation
Se séparer soulève d’un coup les questions du logement, des enfants et de l’argent. Panorama des voies du divorce, de leurs étapes et des documents à réunir avant un premier rendez-vous.
La décision est prise, ou elle s’impose peu à peu, et les questions arrivent toutes en même temps. Qui reste dans le logement, comment s’organise la semaine des enfants, qui paie quoi, faut-il ouvrir un compte séparé. Personne ne se sépare avec le vocabulaire d’une procédure en tête, et pourtant les premières décisions prises à chaud, souvent par crainte du conflit ou par volonté d’en finir vite, pèsent longtemps.
Le divorce n’est pas une procédure unique. C’est un ensemble de voies possibles, plus ou moins longues, plus ou moins conflictuelles, qui ne se choisissent pas seulement selon l’état de la relation mais aussi selon la situation patrimoniale et la présence d’enfants. Comprendre ces voies avant d’engager quoi que ce soit évite de s’enfermer dans un chemin mal adapté. Nous exposons ici leur structure, sans orienter un choix qui dépend de chaque histoire.
Les voies possibles
Le divorce par consentement mutuel
Lorsque les époux s’entendent à la fois sur le principe de la rupture et sur l’ensemble de ses conséquences, le divorce peut prendre la forme d’une convention rédigée par les avocats de chacun, puis déposée chez un notaire. Chaque époux doit avoir son propre avocat : c’est une garantie d’équilibre, pas une formalité. Un enfant en âge de comprendre la situation, ce que l’on appelle le discernement, peut demander à être entendu par un juge, ce qui ramène alors le dossier devant le tribunal.
Les divorces qui passent par le juge
Lorsque l’accord n’est pas complet, la demande est portée devant le juge aux affaires familiales. Plusieurs fondements coexistent : l’acceptation du principe de la rupture, l’altération définitive du lien conjugal, qui suppose une séparation prolongée, et la faute, qui suppose de démontrer des manquements graves ou renouvelés aux devoirs du mariage. Le fondement retenu influe sur le déroulement, sur le climat de la procédure et sur les preuves à réunir.
Le déroulement d’une procédure judiciaire
Les mesures provisoires
Lorsque l’un des époux le demande, une audience est consacrée à l’organisation de la vie pendant la procédure. Le juge peut y statuer sur l’attribution du logement de la famille, sur la résidence des enfants et les temps passés avec chaque parent, sur la contribution à leur entretien et à leur éducation, et sur une éventuelle pension entre époux. Ces mesures sont provisoires, mais elles sont structurantes : elles installent une organisation concrète que la décision finale reprend souvent.
L’instruction, puis le jugement
Vient ensuite une phase d’échanges écrits entre avocats, sous le contrôle du tribunal, où chacun expose ses demandes et communique ses pièces. Le jugement prononce le divorce et tranche les conséquences restées en litige.
Les enfants, à distance du conflit conjugal
La séparation des parents ne modifie pas, en principe, l’exercice conjoint de l’autorité parentale : les décisions importantes continuent de se prendre à deux. Ce qui s’organise, c’est la résidence de l’enfant et le rythme de ses temps avec chacun.
- la résidence peut être fixée chez l’un des parents ou en alternance, selon l’âge de l’enfant, la distance entre les domiciles et l’organisation réelle de chaque parent
- les temps de visite et d’hébergement gagnent à être décrits précisément, y compris pour les vacances scolaires et les jours particuliers
- la contribution à l’entretien et à l’éducation incombe à chacun des parents, à proportion de ses ressources et des besoins de l’enfant, quelle que soit la résidence retenue, et elle peut être révisée si les situations changent
- un changement d’établissement scolaire suppose l’accord des deux parents, et un déménagement qui bouleverse l’organisation doit être annoncé à l’autre parent avant d’être décidé, le juge tranchant en cas de désaccord
- l’enfant n’est pas un intermédiaire : les questions d’argent et les reproches se règlent entre adultes, jamais par son entremise
Le patrimoine, la part que l’on sous-estime
Le divorce met fin au régime matrimonial et suppose de liquider ce que les époux possèdent et doivent ensemble : le logement, les comptes, les crédits en cours, l’épargne, parfois une entreprise. Selon le régime applicable, communauté ou séparation de biens, les règles de partage diffèrent profondément. Des fonds apportés par une famille, un bien acquis avant le mariage, un prêt remboursé avec des revenus communs : autant de points qui se démontrent par des documents et non par des souvenirs.
La question d’une prestation compensatoire peut également se poser lorsque la rupture crée une disparité dans les conditions de vie respectives. Elle s’apprécie notamment au regard de la durée du mariage, de l’âge et de l’état de santé de chacun, des carrières et des choix professionnels faits pendant la vie commune.
Les erreurs fréquentes
- vider un compte joint ou quitter le domicile sans avoir pris conseil, geste qui se retourne souvent contre son auteur
- accepter à l’oral une organisation qui ne sera jamais écrite
- confondre l’accord de façade et l’accord réel, et découvrir le désaccord au moment de signer
- négliger les documents bancaires et fiscaux, qui déterminent pourtant l’essentiel du volet patrimonial
Quand nous consulter, et avec quoi
Le plus tôt possible, y compris lorsque la séparation est amiable : un premier rendez-vous sert aussi à sécuriser un accord et à vérifier qu’il est équilibré et qu’il pourra être exécuté sans nouveau contentieux.
Il est utile d’apporter :
- le livret de famille, le contrat de mariage s’il en existe un, les actes de naissance
- les avis d’imposition et les bulletins de salaire récents
- les relevés des comptes, des crédits et de l’épargne
- le titre de propriété du logement ou le bail, ainsi que le tableau d’amortissement du prêt
- la liste des charges du foyer et l’organisation actuelle de la garde des enfants
- tout écrit utile sur les difficultés rencontrées, en évitant de rassembler des éléments par des moyens déloyaux
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l’examen d’une situation particulière, seul à même de déterminer la voie adaptée à votre cas.
Cet article expose des principes généraux ; il ne remplace pas l’examen de votre dossier. Le cabinet vous reçoit à Toulouse et répond à toute demande sous 48 heures ouvrées.
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