Pendant vingt ans, créer le site d'un cabinet voulait dire signer un devis à quatre chiffres, attendre trois mois, puis se retrouver seul avec un site que plus personne ne touchait. Le modèle par abonnement a changé cette équation. Il n'est pas automatiquement meilleur — il déplace le risque, et il faut savoir dans quel sens.

Ce que vous payez dans un site, au-delà du site

Un site internet n'est pas un objet, c'est un service qui tourne. Une fois la conception terminée, il faut encore un hébergement, un nom de domaine, un certificat de sécurité, des mises à jour, des sauvegardes, une surveillance. Ces postes existent que vous les voyiez ou non sur une facture.

C'est la première question à poser à n'importe quel prestataire : que se passe-t-il le lendemain de la livraison ? Un devis de 3 000 € qui ne couvre que la création vous laissera payer l'hébergement, la maintenance et chaque modification séparément. Un abonnement à 30 € par mois qui couvre tout revient à 360 € par an — mais il couvre tout.

Le calcul sur trois ans

C'est l'horizon qui compte, parce qu'un site d'avocat vit rarement moins longtemps. Deux trajectoires, aux tarifs couramment constatés sur le marché français :

  • Projet ponctuel — 2 000 à 5 000 € de conception, puis 30 à 80 € par mois d'hébergement et de maintenance, plus les modifications facturées à l'acte. Sur trois ans, comptez 3 000 à 8 000 € selon la fréquence des changements.
  • Abonnement tout compris — de 25 à 60 € par mois selon le périmètre, création incluse. Sur trois ans, 900 à 2 200 €.

L'écart tient moins au prix affiché qu'à ce qu'on oublie de compter : les modifications. Un cabinet change ses tarifs, déménage, ajoute un domaine d'intervention, corrige une faute. Facturées 80 à 150 € l'intervention, ces corrections finissent par peser plus lourd que l'hébergement.

La question qui fâche : à qui appartient le site ?

C'est le point sur lequel il ne faut rien laisser d'implicite, et le principal reproche fait au modèle par abonnement.

Distinguez trois choses. Vos contenus — textes, photos, articles — doivent rester votre propriété, sans discussion. Votre nom de domaine doit être déposé à votre nom, pas à celui du prestataire : c'est votre adresse, et c'est ce qui vous permet de partir. La plateforme technique, elle, reste généralement au prestataire : c'est ce qui rend l'abonnement possible.

Avant de signer, vérifiez que le contrat prévoit noir sur blanc une chose : si vous partez, vous récupérez vos contenus et votre nom de domaine, dans un format exploitable, dans un délai raisonnable. Un prestataire qui refuse cette clause vous dit quelque chose sur la suite.

Sans engagement : ce que la mention veut dire

« Sans engagement » signifie que vous n'êtes pas tenu par une durée minimale et que vous pouvez résilier à la fin de la période en cours. Cela ne veut pas dire que la résiliation est immédiate ni rétroactive.

Ce qui compte davantage : la facilité de la sortie. Une résiliation qui suppose une lettre recommandée avec un préavis de trois mois n'a pas grand-chose à voir avec une case à cocher dans un espace client. Demandez à voir la procédure avant de souscrire, pas au moment de partir.

Les mois d'essai : utiles, à condition de les utiliser

Beaucoup de prestataires proposent une période gratuite. C'est une bonne chose, mais seulement si vous vous en servez pour vérifier quelque chose. Pendant ces semaines, posez-vous trois questions concrètes :

  • Le site est-il réellement en ligne, ou seulement en maquette ?
  • Ai-je pu demander une modification, et en combien de temps a-t-elle été faite ?
  • Est-ce que je comprends ce que je vois quand je me connecte à mon espace, ou faut-il appeler quelqu'un ?

Un essai gratuit pendant lequel il ne se passe rien ne vous apprend rien.

Quand le paiement unique reste préférable

L'abonnement ne convient pas à tout le monde. Si votre cabinet a des besoins techniques particuliers — un outil métier à connecter, une base documentaire, un espace client développé sur mesure — un projet spécifique reste plus adapté, et le devis se justifie. De même si vous disposez en interne de quelqu'un capable de gérer le site : vous payez alors uniquement la conception, ce qui est cohérent.

L'abonnement s'adresse plutôt aux cabinets qui veulent un site professionnel et entretenu sans y consacrer de temps, et qui préfèrent une dépense mensuelle prévisible à une facture ponctuelle suivie d'imprévus.

Ce qu'il faut vérifier avant de signer

  • Ce que couvre exactement l'abonnement, et ce qui reste facturé en plus.
  • Le nombre de modifications comprises, et le délai de traitement.
  • Le propriétaire du nom de domaine — le vôtre, idéalement.
  • La procédure de résiliation, et le délai d'export de vos contenus.
  • La conformité au RIN : un site d'avocat obéit à des règles déontologiques que tous les prestataires ne connaissent pas.
  • La conformité au RGPD, en particulier pour le formulaire de contact, qui collecte des données sensibles par nature.

En résumé

Le bon modèle n'est pas celui qui affiche le plus petit chiffre, c'est celui dont le périmètre correspond à ce dont vous avez besoin sur trois ans. Additionnez la création, l'hébergement, la maintenance et une dizaine de modifications, comparez les deux totaux, et vérifiez la clause de sortie. Le calcul devient simple.

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